Alignements et désastres (II)

Il a cogné à sa porte alors que la lune apparaissait et il est resté là sans bouger, les pieds ancrés sur le perron. Il savait qu’elle était là alors il n’est pas parti. Elle est venue ouvrir après plusieurs minutes et lui a dit que ses oreilles n’étaient plus ce qu’elles étaient, même si elle n’était pas certaine de le reconnaître et elle l’aurait dit à n’importe qui. Sa main tremblait sur la poignée intérieure de la porte et la sienne aussi, sur l’autre poignée. Il a pensé qu’elle ne devait pas entendre tous ces milliers de grillons qui bruissaient dans le champ devant la maison. Elle lui a dit d’entrer, même si elle n’était pas encore certaine de le reconnaître. Il a fait un pas en direction d’une chaise qui a craqué sous le poids de ses vieux os. Le chapeau entre les doigts, comme le volant d’une voiture miniature, il lui a parlé d’une certaine Olivia, dans le nord, et du fait qu’il avait été heureux, somme toute, toutes ces années. Il lui a parlé de ses deux enfants et de leur métier, de leurs épouses respectives. Il n’a jamais lâché le chapeau et il essayait de garder les pieds bien ancrés dans le plancher de la cuisine. Elle avait laissé la porte ouverte, pour pouvoir regarder les feux follets briller dans le champ devant la maison.

Un avis sur « Alignements et désastres (II) »

  1. Je-Me-Moi dit :

    un autre beau morceau de narration, somme toute.

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