Old habits die hard

Ce matin, ça me frappe, je me rends compte qu’une des choses les plus étranges entourant de façon périphérique ma passion pour la littérature, c’est ma « collection » de signets. Depuis que j’ai commencé à acheter des livres, j’accumule des signets, des « marque-pages ». Je sais pas trop pourquoi. Et je change de signet quand je commence un nouveau livre. Toujours. J’ouvre mon tiroir à signets et je choisis le prochain. Parfois c’est un très vieux signet, d’autres fois c’est un nouveau signet. J’en ai qui sont ultra usés, déchirés par des morsures de chat, mais je les garde quand même. J’en ai qui sont neufs, de bonne qualité, mais que je n’utilise presque jamais parce que je n’aime pas vraiment leur look ou ce qu’ils promouvoient, promeuvent, ce qu’ils proum…, ce qu’ils annoncent.

Quelques-uns de mes préférés:

1. Signet de TOWNSHIPS, premier livre de William S. Messier, qui, je crois bien, était distribué au lancement qui avait eu lieu à l’Amère à boire. Un peu trop long pour les livres de poche, mais extrêmement significatif pour moi. Pas si usé, à bien y regarder.

2. Signet de la Livraria Cultura, une chaîne de librairies très connue au Brésil. J’en ai quelques-uns, du même style, qui accompagnaient les livres que des amis me ramenaient de là-bas ou que j’ai acheté moi-même à São Paulo, mais mon préféré est celui qui représente Fernando Pessoa avec une citation qui dit, en gros, « L’essence de l’art c’est d’exprimer, ce qui est exprimé n’a pas d’importance. » Très usé, coins brisés.

3. Signet du Harvard Bookstore, qui vient de Cambridge, où j’étais allé passer quelques jours il y a trois ou quatre ans. Avant de partir, je m’étais renseigné à propos des librairies qui vendaient du stock international, histoire de pouvoir me procurer quelques livres en portugais. J’ai acheté AGUA VIVA, de Clarice Lispector là-bas. Très usé. Traces de morsures. Chat disparu depuis ce temps.

4. Signet du #ShowLapin, une journée d’étude surréaliste qui a eu lieu à l’UQAM au mois d’avril dernier. Sur le signet, qui je crois bien a été conçu par Bronja Hildgen, on peut voir un jackalope en train de se faire aspirer « down the rabbit hole », cet espace-temps inexplicable et incommensurable qui fascine tout le monde, moi le premier. Un peu long aussi pour les livres de poche. En assez bon état. On m’en voit ravi.

5. Un doublé : Signets de la librairie de seconde-main Cheap Thrills, sur la rue Metcalfe, et de la librairie Odyssey, sur la rue Stanley. À une certaine époque, je cherchais à me renseigner sur les librairies anglophones de Montréal et j’avais demandé à la fille chez Cheap Thrills s’il n’existait pas peut-être un site internet qui les répertoriait, ou quelque chose. Elle ne m’avait rien répondu, me tendant simplement un signet sur lequel je pouvais voir une série de noms de commerces faisant partie du Used Book Circle de Montréal, avec des adresses et un plan du centre-ville. Je me suis fait la réflexion que jamais on ne m’aurait fournit ça à l’Échange, du côté franco. Par contre, on m’aurait parlé plus. La fille alliait donc parfaitement efficacité anglophone et laconisme protestant. Très très usé. Proche de rendre l’âme.

Avez-vous des habitudes ou des fétichismes liés aux livres, vous autres?

 

*

 

« Entourant de façon périphérique », c’est comme genre un pléonasme, je pense.

12 avis sur « Old habits die hard »

  1. Quand je vais chez mes parents, c’est souvent l’occasion de faire le plein de cartes de hockey Upper Deck. Je vais piger dans ma collection de jeunesse et j’en sors une dizaine. D’habitude, j’y vais selon le nom du joueur et le souvenir que celui-ci évoque – je me souviens souvent plus de mon étonnement devant la phonétique même du nom que du joueur lui-même. Uwe Krup, Ulf Samuelsson, Ron Tugnut, André Racicot, (bien sûr) Dale Hawerchuk et Dave Andreychuk, Brian Leetch, Petr Svoboda. Ma carte préférée, c’est sans contredit la carte recrue de Pavel Bure où il se tient assis sur une clôture en rollerblades (c’était l’âge d’or du rollerblade, dois-je le rappeler) le long d’une plage et de ce qui ressemble beaucoup au Sunset Strip. Je me souviens que je trouvais très drôle qu’il mette son index vis-à-vis de sa fourche, et j’imagine aujourd’hui ses amis hockeyeurs le lui souligner régulièrement en riant comme des gros jocks. Je dois constamment renouveler mon stock parce que j’ai tendance à laisser les signets dans les livres que j’ai lus. Ma bibliothèque est donc une espèce de banc de joueurs attendant de sauter sur la glace.

    La carte recrue de Pavel Bure:

    • Quel beau témoignage Will! J’en attendais pas moins de toi. Moi aussi j’ai utilisé longtemps des Upper Deck, surtout de football et de baseball. De mon côté, ce que j’aimais surtout, c’était les signes d’équipes, j’aimais les équipes en fonction de ça. On appelait ça des signes il me semble. Eille, t’aimes tu mieux le signe des Hawks ou ben le signe des Raiders?

      • Nah, c’était hockey all the way, dans mon cas. J’avais hérité de la collection de cartes de NFL d’un cousin et je m’en foutais ben raide.

  2. Sara dit :

    Man, j’avais commenté en début de journée mais je pense que ça a échoué parce que j’étais pas connectée sur WordPress? Meh. Je disais que ton post m’a incitée à aller fouiner dans le grand ziploc qui contient ma « collection » de signets. J’en ai accumulé pas mal dans mon jeune temps, faque j’en ai plein de la Courte Échelle, d’autres des Razmoket, du Club des Baby-Sitters ou encore du matériel scolaire Mémo. Mais y’en a aussi des vraiment random, dont un des Expos feat. Felipe Alou, un fabriqué par mon frère en 2000 avec un autocollant de Pokémon, un avec un dessin de bonhomme de neige fait au stylo bille et un inexplicable beaucoup trop holographique avec une face de gars qui se transforme en simili-monstre. Sauf que je les utilise jamais, je marque mes pages avec ce qui traîne. Le plus souvent c’est des échantillons de couleurs de peintures, des cartes Poké que j’ai en double ou des n’importe quoi (comme en ce moment j’utilise un carton sur lequel étaient accrochées des boucles d’oreilles).

  3. patricia dit :

    Mes signets sont dans un sac de librairie en papier, ceux que distribuent certaines librairies parisiennes. Un m’a été offert, d’autres sont des cadeaux de libraires, j’en ai acheté d’autres, mais la majorité sont des cartes postales, reçues ou achetées. J’achète plus de cartes postales pour mes livres que pour envoyer. Dernièrement, je suis tombée sur une recette originale : des enveloppes recyclées en signets : http://dsharp.typepad.com/dsharp/2008/05/cutting-corners.html. Ça fait des signets originaux qui permettent notamment d’ajouter une touche personnelle à un cadeau livresque. Je remplis maintenant une petite boîte de coins d’enveloppes.

    Je choisis toujours le signet qui accompagnera ma lecture. Si ne n’ai pas accès à mon sac à signets ou si le signet qui convient ne s’y trouve pas, je prends ce qui me tombe sous la main. Il m’arrive de changer de signet en cours de lecture lorsque je me trompe (souvent pas loin du début). Car oui, à chaque livre son signet.

    Je termine ce commentaire sur un truc que je déteste en France : le signal d’alerte aux populations, qu’on appelle signal d’essai dans sa version mensuelle émise tous les premiers mercredi du mois à midi par la caserne de pompiers, celle de mon quartier en tout cas (http://www.secourisme.net/article167.html). Ça me fout les boules à chaque fois, d’où le besoin d’en parler ici (il est midi).

  4. V dit :

    J’ai un tiroir plein d’échantillons de couleur de peinture. À chaque fois que je commence un nouveau livre, je choisis une nouvelle couleur qui va avec l’ambiance du livre ou dont le nom (c’est fou les noms de toute ces teintes!) a un lien (poétique, symbolique, thématique), quelconque. Je change aussi parfois en cour de route quand ça ne va pas…

    Docteur, suis-je normale?😉

  5. patricia dit :

    Je pense à vous tous, car j’ai perdu mon signet dans le métro tout à l’heure. En arrivant à mon rendez-vous, plus de signet dans le livre que je tenais à la main. Donc après mon rendez-vous, 2h30 plus tard, je fais le chemin inverse, remplie d’espoir, et j’ose entrer par la sortie du métro sous les regards interrogatifs, inquiets ou réprobateurs des voyageurs qui sortaient (dans certaines stations à Paris, l’entrée et la sortie ne sont pas du tout au même endroit). Bonheur, je vois mon signet blanc aux lettres rouges gisant sur une marche, piétiné, noirci, mais bien là. Je l’ai ramassé, et remis dans mon bouquin (comme quoi la saleté du métro parisien ne me dérange plus quand ça m’arrange).

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