Petite question (II)

Le succès de ma « petite question » me donne envie de recommencer l’exercice. Je tweetais cet après-midi avec @pimpettedunoyer et elle m’a dit se rappeler avec clarté l’endroit où elle était quand elle lisait TALES FROM THE JAZZ AGE de F. Scott Fitzgerald. Bien sûr, on ne peut pas « être » à un endroit seulement en lisant un livre, à moins de se faire une session extrême en un après-midi, ce qui arrive rarement. Mais il est indéniable qu’on a des souvenirs de lieux associés à des souvenirs de lectures. Il arrive parfois même qu’en relisant un passage, plusieurs années après, on soit envahi par une image mentale de nous même assis quelque part, ce même livre en mains.

Bref, avez-vous un livre qui est particulièrement lié dans votre esprit à son lieu de lecture? Ou, pour élargir la question, y a-t-il des lieux qui sont pour vous irrémédiablement liés à des livres précis?

Moi, chaque fois que je regarde la tranche de THE WORLD’S END, de T. C. Boyle, je me revois couché sur le ventre, sur la petite plage d’un lac, à Regensdorf tout près de Zürich, protégé du soleil d’été par de grands arbres suisses.

 

13 avis sur « Petite question (II) »

  1. karl dit :

    Terre des hommes prend le lieu indéniable de mon humanité.

  2. myriam dit :

    un roman asiatique (large je sais mais me rappelle plus du titre) dans un parc à madrid, genre 1 journée avant de retourner au Qc.

    je me demandais en christ j’étais où dans la vie: entre quoi et quoi, c’était où chez moi, ce que je foutais de ma vie, etc.

    tout en lisant sur des madames qui se déformaient les pieds avec des bandages…

    weird.

  3. Je vais être tellement plus prosaïque.

    Les enfants du jazz. Lu vers la fin du printemps, début de l’été. Probablement début juin, ce temps où l’on sent (j’étais au secondaire) que l’année scolaire achève, que la chaleur et les vacances sont juste là, au tournant. Je me revois le lire sur le balcon de l’apart pourrave où j’habitais avec ma mère, mais aussi dans le parc en face de la bibliothèque à Saint-Lambert. Je me revois surtout lever les yeux du livre et être déçue de ne pas être dans les années folles, dans le sud des États-Unis.

    « à moins de se faire une session extrême en un après-midi, ce qui arrive rarement »

    Ça a l’air que ça m’arriv(ait)e souvent, car je me revois: dévorant Tender is the Night, du même Fitzgerald (toujours au secondaire, mais cette fois en anglais) lors d’une fin de semaine dans le mini-logement de ma grand-mère à Trois-Rivières, brulante de désir en découvrant (un peu jeune) Daphnis et Chloé de Longus un après-midi allongée sur un tapis chez ma tante, pleurant la mort d’une autre Chloé, celle de L’écume des jours, en revenant de bosser (là, j’étais plus vieille) à la bibliothèque en métro sur la ligne jaune et, enfin, nauséeuse en voiture et manquant absolument tout le paysage d’un trajet Chicoutimi-Montréal parce que j’avais le nez rivé sur Le Club Dumas d’Arturo Perez-Reverte.

    • La seule « session d’après-midi » dont je me souviens, c’est celle où j’ai passé à travers LA TOURNÉE D’AUTOMNE de Jacques Poulin, en me berçant dans un vieux fauteuil à bascule, dans le sous-sol de chez mes parents.

      Merci d’avoir répondu!

  4. karl dit :

    Autre souvenir. Un non lieu… non pas un livre de justice.

    Je lisais « Dance Dance Dance » de Haruki Murakami à Tokyo passant mon temps à de nombreux endroits où le héros se trouve mais sans volonté spécifique d’être dans les mêmes lieux. Je finis un chapître. Je prends l’avion pour Hawaii. Dans l’avion, je commence le nouveau chapître, le héros prend l’avion de Tokyo pour… Hawaii.

    Synchronicité involontaire.

  5. ValGod dit :

    J’ai plus des souvenirs musicaux que géographiques.

    Je me rappelle vers la fin du primaire lire les grosses briques quétaines de Virginia C. Andrews pendant que ma mère écoute l’album D’eux de Céline Dion en faisant le ménage. Quand j’entends les tounes de Célinnnne, je repense aux sagas familiales pleines de trahisons et de secrets qui me faisaient tant tripper à l’époque.

    Y’a aussi en secondaire 2, quand j’ai découvert Quelques Adieux de Marie Laberge en même temps que l’album Harmonium d’Harmonium. Si je réentends l’album, je me rappelle précisément le sentiment qui m’habitait, avoir VRAIMENT désiré être une universitaire en littérature qui couche avec son prof.

  6. hiroshimem dit :

    Je me rappelle avoir dévoré Un visage appuyé contre le monde, de Hélène Dorion, dans l’avion Osaka-Pékin… étendue sur deux ou trois sièges de la rangée du centre. Ce fut ma deuxième initiation à la poésie (après Miron), et j’étais dans une bulle à double épaisseur pour en profiter : seule non-Japonaise accompagnant ma famille japonaise dans un monde chinois, donc seule dans ma tête francophone, à observer les autres; et en avion, où les bruits constants de l’échangeur d’air nous coupent les uns des autres.

    Depuis, prendre l’avion ou tout autre moyen de transport seule est devenu synonyme d’isolement dans ma tête… avec un bon livre de poésie. Et de l’inspiration, souvent.

  7. Sophie dit :

    Un souvenir indélébile d’Océan Mer dans un bus au Brésil entre Salvador et Rio.

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