Ma contemporaine intériorité

À Chicoutimi, au colloque auquel j’ai participé au début du mois de mars, il y avait un professeur français qui parlait comme ça: « Nonobstant l’abus……………………. d’une quantité d’affects………………………….. sobrement dosée……………………….. en une plénitude………………………. matérielle………………………………… d’un ordre préétabli………………………… Lenoir nous invite……………………………….. à……… déguster……………… rrr’ avec elle……………….. son empreinte diégétique…………………………… maléable. Je suis incapable de reproduire les mouvements de ses mains et de ses bras pendant ce temps, mais laissez-moi simplement vous dire que parfois il frottait, dans un petit mouvement circulaire, ses pouces sur sur ses index et majeurs.

Il y avait aussi un jeune prof anglais qui m’a fait penser à moi parce que dès la première question du public, après avoir lu sa communication, il s’est calé dans sa chaise, a posé les mains derrière son crâne rasé, vraiment trop relax, et a répondu quelque chose du genre « Ouuiiiiiiiiiiaaiiiiissss, c’est vraiment possible, ça se peut vraiment… » Plus tard dans la soirée, il est venu avec nous à une pendaison de crémaillère qui avait lieu par hasard cette fin de semaine-là chez des amis et il a fumé un joint pour aussitôt se retrouver en plein épisode de Twin Peaks. « Mate, this is crazy, can I film you guys? »

À Chicoutimi, je suis sorti avec Joëlle, Marie et Silvano dans un bar sur la Racine où trois matantes aux mèches colorées ont essayé d’attirer le jeune barman sur la piste de danse avec des mouvements lascifs. Leurs blouses à paillettes dorées m’aveuglaient. On croyait que c’était un karaoké, mais c’était plutôt un spectacle/spécial cover avec des succès comme Believe et American Pie, chantés dans le pseudo-anglais du Saguenay.

Je suis aussi allé manger un smoked meat à la Fabrique, où des matantes aux mèches colorées groovaient sur le DVD de Wings que le gérant du resto avait traficoté lui-même, en rapiéçant des bouts de différents shows de McCartney (je le sais, je lui ai demandé d’où ça venait: je suis un gros fan de Wings. JET, wou ou ou ou wou ou ou ou ou, JET!)

À Chicoutimi, je suis allé au toilettes trois fois durant les quinze minutes de pause qui ont précédé ma séance, parce que je voulais être sûr de ne pas avoir envie de pisser, et j’ai arrêté de boire de l’eau dès l’heure du dîner. Je me rappelais trop bien de cette fois, en Belgique, où l’envie est apparue au milieu de mon intervention alors que je savais qu’il en restait une autre de vingt minutes après, sans compter la période de questions.

Je suis aussi allé me plaindre à la réception de l’hôtel le deuxième matin parce qu’un convoi de jeunes étudiants en médecine (120 m’a-t-on dit) étaient arrivés durant la nuit et avaient fêté jusqu’à cinq heures. Ils étaient en semaine de relâche. Je pouvais les entendre comme s’ils étaient dans ma chambre, littéralement dans ma chambre, en train de capoter parce qu’ils apercevaient les mini-bouteilles d’alcool sur la commode, et se crier « EILLE LE GROS!!! » les uns aux autres en se garrochant sur le lit. La fille aux mèches colorées à la réception m’a changé de chambre.

Un avis sur « Ma contemporaine intériorité »

  1. Sophie dit :

    Finalement Chicoutimi, it’s all about les mèches colorées. C’est ça?

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